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 Licence Art Libre ou CopyLeft

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Flaca
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MessageSujet: Licence Art Libre ou CopyLeft   Mar 27 Sep - 16:35

Propos recueillis sur http://artlibre.org/

Copyleft Attitude

Le copyleft permet la création collective d'objets numériques qui peuvent être librement copiés, donnés et modifiés.
En quoi la création des logiciels libres peut-être un modèle pour l'art contemporain?
Aujourd'hui, nous devons surtout nous protéger des marchands extrémistes, nos prédateurs contemporains. Le simple droit d'auteur est impuissant à cela.

Le copyleft, c'est la liberté contre le libéralisme. L'économie propre à l'art est une économie du don, du partage et de la valeur ajoutée à ce qui n'a pas de prix.

Sans le savoir, de nombreuses pratiques artistiques participent à cet esprit de "copyleft". C'est un autre droit d'auteur aussi important que celui qui est censé nous protéger, nous et nos oeuvres.

All right! La Copyleft Attitude c'est une autre économie pour l'art. C'est l'attention portée au travail de l'art sans être troublé par la pression de l'économie dominante, celle du marketing et de la finance (un autre art sans doute...)

Copyleft toute!


Dernière édition par le Ven 21 Avr - 22:14, édité 1 fois
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cicconelle
saucisse
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MessageSujet: Re: Licence Art Libre ou CopyLeft   Mar 27 Déc - 5:38

L'article ci-dessous a été publié dans le numéro de février 2001 de la LINHA IMAGINOT, entre le moment de sa rédaction et aujourdhui, quelques événements ont eu lieu qu'il ne mentionne pas, et certaines choses sont désormais soit obsolètes, soit erronnées: la FMPL, par exemple, n'est plus en voie d'élaboration (bien qu'outdatée depuis avril 2001), mais existe bel et bien, Me Lessig (qui participe d'ailleurs aujourd'hui au projet Creative Commons), l'avocat dont je parle plus bas, n'a pas participé à sa réalisation (elle a été rédigée par Ensor et Ram Samudrala)... Je laisse tout de même cet article tel quel, car il ne "rend" (à mon sens) pas trop mal l'esprit de la musique libre.

Vers une musique libre ...

Zikos & amateurs de musique,ce message vous concerne. Le texte qui va suivre se propose de vous causer d'un projet qui risque fort de révolutionner le marché de la musique, en pleine crise d'identité. Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, il me semble nécessaire de parler de GNU. GNU est ce qu'en France les médias ont coutume d'appeler LINUX (il serait plus juste de dire GNU/LINUX), c'est à dire, un système d'exploitation entièrement libre, des programmes informatiques libres eux aussi, fruit du travail souvent bénévole de nombreux programmeurs à travers le monde. GNU est régit par une licence très particulière, la GNU General Public Licence, qui garantit à tous :

-La liberté d'exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0)
-La liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de l'adapter à vos besoins. (liberté 1)
-La liberté de redistribuer des copies, donc d'aider son voisin. (liberté 2)
-La liberté d'améliorer le programme, et de publier vos améliorations pour en faire profiter toute la communauté (liberté 3)
( extrait de la traduction de Karl Pradène d'un texte de Richard Stallman intitulé « Qu'est-ce qu'un logiciel libre ?»).

Il est à noter, comme le précise d'ailleurs M. Stallman dans le même texte, que libre ne veut pas dire gratuit. Il existe des logiciels gratuits qui ne sont pas libres (freeware), de nombreux logiciels & systèmes d'exploitation sont non seulement libres mais aussi gratuits, parfois les utilisateurs payent pour pour leur copie d'un programme informatique libre, parfois, c'est gratuitement qu'ils l'obtiennent.

Le logiciel libre constitue une révolution, il circule sans entrave dans un univers pourtant marqué par la recherche du profit : lorsque vous copiez un logiciel sous copyright, même gratuit, et que vous le refilez à un pote, cela s'appelle du piratage et c'est puni par la loi (le copyright n'autorise qu'une copie par personne, aucune modification du produit n'est tolérée). Richard Stallman, fondateur du projet GNU a trouvé un procédé très astucieux pour diffuser les produits informatiques tout en les les protégeant : le copyleft, ou "copyright inverse".

Le copyleft donne le droit de faire autant de copies que l'on veut d'un logiciel libre ; la copie devient libre à son tour et acquiert automatiquement le même statut que l'original, etc. Le but d'une telle entreprise étant de permettre à un plus grand nombre d'utilisateurs d'accéder aux produits informatiques en invitant les programmeurs comme les utilisateurs à « partager » («aider son voisin »).

La GPL n'est pas qu'une incitation à la copie et à la modification des logiciels (accès au code source), elle est aussi la garante du respect des auteurs de logiciels libres (avant de mettre un logiciel sous copyleft, M. Stallman suggère de le mettre d'abord sous copyright afin de protéger son/ses auteurs), ainsi qu'un appel à un esprit plus communautaire, moins mercantile : à titre d'exemple : une distribution GNU/LINUX (il en existe un nombre croissant) coûte rarement plus de 300 FF dans le commerce et vous donne accès à des milliers de logiciels (dont celui que j'utilise pour rédiger cet article) : la quasi totalité des éléments du système et des logiciels fournis étant libres et gratuits, vous ne payez en somme que le packaging ; vous pourrez ensuite en faire ce que vous voudrez.

Tout ce préambule était destiné à vous éclairer sur le le contexte dans lequel s'élabore actuellement la FREE MUSIC PUBLIC LICENCE, héritière musicale en ligne directe de la GNU GPL.

Musicien depuis un certain temps, je me suis toujours demandé quel était le meilleur moyen pour diffuser la musique que je compose. Cela m'embêtait fort d'être obligé de passer par une liste toujours plus longue d'intermédiaires vampiriques, ou muets, et lorsque je me suis par hasard intéressé au projet GNU, ça a toute suite fait « tilt » : - « Pourquoi pas une licence du même type pour la musique ? ».

J'eus la chance d'échanger quelques mots avec R. Stallman sur ce sujet lors de sa venue à Bordeaux l'été dernier, pour les rencontres mondiales du logiciel libre. Il m'indiqua l'émail d'un étudiant de l'Université de Berkeley, Ensor avec lequel je me mis tout de suite en contact. Ensor travaille actuellement avec l'aide d'un avocat, Me Lawrence Lessig à l'élaboration du texte de la Free Music Public Licence (FMPL), le texte est aussi en germination avancée chez Ram Samudrala, auteur de nombreux (et fort instructifs) articles sur la philosophie de la musique libre. Il existe déjà quelques sites web qui diffusent de la musique libre, un certain nombre de musiciens y proposent déjà leur musique (on trouvera en fin d'article les adresses de ces sites). Lorsque son texte sera juridiquement validé, la FMPL donnera, comme son inspiratrice informatique le droit de copier et/ou modifier la musique. Elle protégera bien entendu les musiciens contre les entreprises malhonnêtes telles que l'appropriation « commerciale » de leur musique par un tiers qui n'y aurait apporté aucune modification, et/ou aurait arbitrairement apposé son propre copyright sans tenir compte du/des auteurs de celle-ci - les clauses à respecter impérativement pour diffuser de la musique libre sont de joindre le texte de la licence à la musique (sous forme de fichier informatique présent dans le CD, ou le fichier MP3) & de préciser le nom & contact du/des contributeur(s) (de même, tout logiciel libre est accompagné de la GNU GPL).

Toute entreprise commerciale sera régie par les termes de la FMPL, celle-ci ayant pour but principal de créer une communauté de musiciens solidaires, de stimuler la créativité par l'échange de connaissances dans le respect & la courtoisie, de faire circuler & de protéger la musique en légalisant la reproduction (fini le procès Napster !), d'autoriser la modification (arrangements différents, samples, interprétation différente, remix, ajout de paroles, d'instrumentation différente, reprises, etc...) des oeuvres musicales & de supprimer les intermédiaires entre le musicien et le public (vente directe, téléchargements ou cd, possibilité pour le public d'enregistrer les concerts,etc...).

Il y a donc une réponse légale au trafic de copies illicites de CD : La copie licite ou copyleft. Il y a aussi une réponse au tarif exorbitant des CD (moins cher que le vinyle, c'est ce qu'on nous disait dans les années 80, bilan, le CD est à 120FF, pour un coût réel de fabrication se situant largement en dessous de 10FF. Les musiciens ne touchent que 4% du prix versé par le public pour leurs CD ; de plus, ce barème est variable : les musiciens « connus » reçoivent plus de 4%, les autres, moins de 4%.), à l'inégalité des chances entre les musiciens provoquée par l'attitude cynique sans ambiguïté des « géants » du secteur, à l'oubli de tant d'oeuvres musicales sous prétexte que celles-ci n'ont pas de potentiel commercial : cette réponse, c'est la FMPL.

La FMPL sera sans doute terminée - au plan légal - courant 2001. N'hésitez pas à me contacter si vous souhaitez des précisions supplémentaires sur ce sujet épineux, ou si vous souhaitez soutenir notre action, ou encore, si vous avez de bonnes objections à apporter à ce projet qui ne manquera certainement d'en soulever de nombreuses et cruciales pour sa pérennisation. Toute contribution est bien entendue la bienvenue.

J'invite tous ceux que le sort des exclus (volontaires ou non) du show business (et ils sont aussi nombreux que talentueux) intéresse à participer au développement du site. Vous pourrez bientôt y télécharger la musique d'Exorciste de Style, de Loubia Dobb System (deux projets auxquels je travaille), et de tous ceux qui auront envie d'y proposer leur musique. Vous pourrez aussi vous y exprimer sur la question, si elle vous intéresse. Nous ne misons d'emblée que sur l'honnêteté du public, son sens des responsabilités vis à vis de la société de consommation, et son respect supposé des créations musicales ; le système actuel et le développement du MP3 à malheureusement enfanté une nouvelle race de consommateur : le "consommateur-voleur". Celui-ci aura-t-il un peu plus de scrupules à s'approprier de la musique libre ? Finira-t-il par acheter ma musique, et celle de ceux qui comme moi se sont engouffrés dans cette brèche ? Il la paiera moins cher que celle qu'il ne voulait plus payer, c'est déjà un bon argument. Il saura ensuite qu'elle ne profite pas à un producteur véreux, mais à celui/ceux qui l'ont fabriquée bénévolement.

Musiciens : la recherche seule du profit affame la créativité ! Ne sommes-nous pas de plus en plus nombreux à avoir les moyens techniques de produire de la musique de qualité par nous-même ? alors pourquoi attendre qu'un gugus en costard infroissable bleu électrochoc daigne - peut-être un jour, rien n'est moins sûr d'ailleurs - nous autoriser à pénétrer dans son joli bureau pour y signer le contrat du-siècle-de-la-mort-qui-tue, «un havane, Serge?» Nous pouvons nous passer de lui, n'est-ce pas, amigos ! Pour le moment, il y en a un paquet d'entre nous qui sont obligés de trimer à autre chose qu'à leurs compos pour gagner leur croûte. Musiciens, mélomanes, labels indépendants de France & de Navarre, d'Amérique ou du Lesotho, aidez-nous à libérer la musique de ce système inégal & verrouillé, qui engraisse les uns pour mieux dépouiller les autres, rejoignez le camp de la musique libre !

Rico da Halvarez ~Wink
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